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Baleine à bosse, rorqual à bosse ou jubate (Humpback whale)
Par Caroline Van Eecke

 

La baleine à bosse (Megaptera novaengliae) a le dos noir ou gris foncé avec une bosse en avant de l’aileron dorsal, deux grandes nageoires pectorales qui font le tiers de sa longueur, d’où son nom de mégaptère, et une nageoire caudale dont le dessous a des tâches blanches propre à chacune. Cette empreinte caudale et l’équivalent de notre empreinte digitale et permet ainsi de l’identifier.

Elle mesure 12 à 16 mètres de long et pèse de 25 à 40 tonnes. Comme c’est un mammifère, elle doit respirer avec ses poumons, ce qui l’oblige à remonter à la surface tous les quarts d’heures. L’adulte peut rester 40 minutes sous l’eau. Au large, sa nageoire caudale se lève à la verticale au dessus de l’eau et son souffle, jusqu’à 3 mètres est aussi haut que large. Malgré sa taille, elle effectue de très belles acrobaties et saute souvent hors de l’eau lors des parades.

La plus acrobatique des baleines

 

Migration sur l’année

“Les baleines à bosse vivent l’été dans les eaux glacées de l’Artique et de l’Antartique ou la nourriture abonde, et l’hiver, elles se rapprochent de l’Equateur dans des eaux plus chaudes pour la saison des amours...”

De décembre à fin Avril, les baleines à bosse se trouvent pour la plupart en Antarctique, au Sud du Cap Horn, à plus de 8000 Km de Mayotte et Madagascar, mais aussi au Groenland, au large du Quebec. Pendant cette période, elle font des réserves de graisses en se nourrissant en grandes quantités essentiellement principalement de krill (petites crevettes), harengs, capelans, lançons et maquereaux. Elles font des réserves car par la suite elles ne se nourrissent plus de six mois.

Voir :

 

Migrations des baleines de l’Antarctique

La migration débute de fin Avril jusqu’en Juin, elles se dirigent de l’Antarctique vers les eaux de l’Océan indien, en remontant les côtes d’Afrique du Sud vers l’Est, au large des côtes de Colombie puis par le Canal de Mozambique pour arriver plus à l’Ouest vers les Comores et Mayotte ou bien se dirigent au Nord-Est de Madagascar, vers l’île de Ste Marie et la baie d’Antongil.


Iles Saintes Maries: un des lieux de migration des baleines.

Un autre groupe, toujours à partir de l’Antartique se dirigera carrément à l’Ouest de la pointe de l’Afrique, côté Océan atlantique vers le Gabon (Mayumba, Golfe de Guinée, vers les eaux de Sao Tomé et Principe) et les côtes Camerounaises , Nigeriennes ou Ghanéernnes.
Celles en provenance du Groenland et celles au large du Quebec se dirigeront vers les Caraïbes.
http://www.atimoo.com/plongee.php?madagascar=baleines

De Juillet à fin Octobre on peut les apercevoir dans les eaux chaudes de l’Océan Indien et à Mayotte (= eaux chaudes de plus de 26°), où elles viennent se reproduire, certaines allant jusqu’à la Réunion, aux Séchelles et à l’île Maurice. Le pic d’observation se situe en Août.
Autrefois abondantes dans le Pacifique Sud: Nouvelle Calédonie, Tonga, les Iles Cook, la Polynésie française, le Vanatu, Fidji, Samoa, les samoa américaines et la Nouvelle Zélande, les baleines à bosse ont longtemps été chassées en Polynésie. Réduites à moins de 5% de leur effectif originel, on ne retrouve actuellement plus que des populations trés jeunes à Ruturu et en général autour des îles de la Société, des Australes et de Tuamotu en Octobre.


Migrations dans le Pacifique Sud

Des études sur les baleines à bosse de Nouvelle Calédonie ont commencées en 1991, dans le lagon sud entre la grande Terre et l’île des Pins: des observations ont été réalisées à Lifou, dans le grand lagon nord, le lagon est, le lagon nord-ouest et le complexe récifal de Chesterfield.

Voir :

Lors de la saison des amours seuls les mâles chantent pour attirer leur “belle” mais aussi pour se repèrer les uns par rapport aux autres.
L’analyse de leur chant, en dehors de l’aspect purement onirique et mélodieux permet d’identifier l’appartenance à chaque groupe, car chaque chant est différent d’une population à l’autre. Ceci peuvent s’entendre jusqu’à 300 Km. Par ailleurs, personne ne sait en fait exactement comment les baleines à bosse mâles créent leurs chants complexes car elles n’ont pas de cordes vocales...
Les femelles fécondées repartiront les premières, suivies par les femelles en repos de cycle et les immatures.

Fin Octobre, début Novembre, elles quittent l’Océan indien pour aller de nouveau se nourrir dans l’Antarctique (= eaux froides de - 1 à + 4°), ou vers le Groenland pour celles qui se trouvaient en Atlantique. Les femelles allaitantes ont perdu 50% de leur poids (soit 20 tonnes) à l’arrivée et auront environ 6 mois pour engraisser à la prochaine migration. Les couples mères-baleineaux repartent en dernier afin de laisser au petit le temps de prendre le plus de forces possibles. Ceux-ci, lors des migrations, se positionnent au dessus de leur mère pour profiter de leur sillage. Les mâles, eux, passent d’un groupe à l’autre.
http://www.loveearth.com/fr/readingroom/heroes/brucemate


Zones mondiales de migration des baleines à bosse.

 

Ce n’est que onze mois plus tard, lors d’une deuxième migration qu’elles viendront faire naître leurs petits dans les eaux chaudes de l’Océan indien car ceux-ci ne survivraient pas dans les eaux froides, pour revenir par la suite avec eux en Antarctique, dés assez résistants pour voyager...

Celles provenant de l’hémisphère Nord, iront mettre bas entre Novembre et Mai, aux Caraïbes au large de la République Dominicaine et de Porto Rico, dans la baie de Samana ou de la Guadeloupe. Pour celles qui proviennent de la Mer de Bering, plus à l’ouest, elles iront vers les lagons chauds du Mexique mettre bas en Basse Californie, autre lieu réputé pour la reproduction des baleines à bosse.

Les baleines à bosse peuvent vivre jusqu’à 40 ans, les femelles font un petit tous les 2-3 ans et à chaque migration parcourent à l’aller plus de 5000 Km à la vitesse moyenne de 4 à 8 km/heure. Vous l’avez deviné, le but de cette migration est avant tout la reproduction de l’espèce.

http://www.dinosoria.com/baleines

 

Mécanisme d’orientation des baleines

Aujourd’hui de nombreux scientifiques pensent que les baleines comme les oiseaux migrateurs sont capables de percevoir les champs magnétiques terrestres. Il semble déjà prouvé que ces mammifères peuvent, grâce à la sensibilité de leur peau, ressentir la variation de température de l’eau, ainsi, et ainsi identifier les différentes zones qu’elles traversent. D’autres part, les particules de magnétites présentes dans la boite cranienne des baleines à bosse pourraient faire office de boussole interne. Les échouages des baleines pourraient êtres dus en partie à des modifications ponctuelles du champ magnétique de la Terre.
http://www.dinosoria.com/animal-sens.htm

 

 

Règles à respecter pour l’observation des baleines
(Code de bonne conduite des whale-watching élaboré par le ministère de l’environnement):

- Réduire les moteurs à l’approche de la zone d’observatoire minimale fixée à 100 m et ne jamais couper la route à un groupe de cétacés, les approcher tout doucement sur les côtés et non pas de front. Toujours naviguer parallèlement sans chercher à les poursuivre.
- Eviter de cerner les baleines à plusieurs bateaux et susciter un stress inutile. (Peut séparer une baleine de son baleineau).
- Limiter l’observation d’un groupe de baleine pour ne pas suivre toujours les mêmes. La durée d’observation ne doit pas excéder 60 mn.
- Pas timide, la baleine à bosse s’approche volontier des embarcations, attention: immédiat des moteurs en positionnant les hélices au point mort. Il faut toujours laisser l’animal décider de sa propre allure et de son comportement.
- Nager ou plonger à côté ou entre les baleines est interdit. Eviter d’essayer de toucher les baleines.
- Etre responsable de ses débrits dans certains sites privilégiés pour les baleines.

Voir :


Menaces écologiques

-La fonte des glaces qui progresse de jours en jours menace les espèces migratoires qui devront parcourir d’avantage de km pour se rendre sur leur terrain de chasse et qui verront diminuer leur réserve de nourriture. Tel est le scénario qui attend les baleines dans les Océans entourant l’Antarctique si le réchauffement global atteint les 2°C.
- Longtemps chassées en Polynésie, les baleines à bosse ont été exterminées à 97% entre 1920 et 1964. Des dizaines de milliers ont été tuées dans des stations baleinières d’Australie et de Nouvelle Zélande sur les routes de migration entre l’Antactique et les eaux tropicales... Nombreuses également sont celles qui ont été chassées dans leur zone de nutrition dans l’océan austral.
- La flotte des baleiniers japonais ont tué prés de 1000 baleines dans l’Océan austral pour des recherches soi-disant “scientifiques”. Actuellement et sous la pression des organismes de défense des baleines, ils viennent enfin de renoncer à reprendre la chasse aux baleines à bosse. (Décembre 2007)
- L’intérêt du public pour les mammifères marins contribue depuis plusieurs années au développement d’une forme de tourisme appelé “whale watchers” depuis une vingtaine d’années qui représente une importante source de revenus et un intérêt économique indéniable pour la plupart des îles du Pacifique. Pour la saison 2005, quelques 120 tours opérateurs ont proposé des activités d’observation des baleines à bosse dans l’ensemble du Pacifique Sud: le nombre de participants a été estimé à 171387 générant un bénéfice direct de plus de 6,7 millions de dollards US et une valeur économique de 38,3 millions de dollards US! Reste à savoir les conséquences de la multiplication des embarcations sur le trajet des baleines ..

 

Conclusion

Protégée depuis 1960, cela ne garantit pas pour autant leur sécurité, aprés une longue période d’exploitation, cette espèce est entrain de se rétablir: 200 000 baleines à bosse ont été tuées dans l’hémisphère Sud au siècle dernier, il en reste aujourd’hui 30 000 dans les océans du monde.. Mais les filets, les bateaux qui les heurtent, l’exploitation du pétrole et des gaz en mer, l’annonce de reprise de la chasse à la baleine en 2008 par les baleiniers de l’Antartique, tout cela compromet gravement l’avenir de ces mammifères enchanteurs...

Caroline Van Eecke.


 

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